
La perte opérationnelle de Brussels Airlines s’est légèrement creusée au premier trimestre par rapport à l’an dernier. La filiale de Lufthansa pointe du doigt la grève nationale du 12 mars ainsi que la forte hausse des coûts du carburant liée à la guerre en Iran. Ces coûts ont augmenté d’environ 14 % par rapport à l’année précédente, indique un communiqué de presse. Grâce à la stratégie de couverture du groupe Lufthansa – qui consiste à acheter le carburant à l’avance à un prix fixe –, l’impact est toutefois resté plus limité que chez certains concurrents.
Brussels Airlines entame le trimestre d’hiver, traditionnellement déficitaire, avec une perte de 55 millions d’euros, soit un recul de 4 % par rapport à la même période l’an dernier. Pourtant, l’année avait bien commencé : en janvier et février, la capacité a progressé de 18 % et la demande est restée soutenue, surtout sur les lignes africaines. Sur l’ensemble du trimestre, Brussels Airlines a transporté 1,9 million de passagers sur plus de 15.000 vols, soit une hausse de 11 %. Le chiffre d’affaires a augmenté de 12,8 % pour atteindre 343 millions d’euros.
Ce bon début d’année a toutefois été brutalement freiné en mars. En raison de la guerre en Iran, les coûts du carburant par siège-kilomètre disponible (ASK) étaient environ 14 % plus élevés qu’un an auparavant. Grâce à la stratégie de couverture du groupe Lufthansa – qui consiste à acheter le carburant à l’avance à un prix fixe –, l’impact est toutefois resté plus limité que chez certains concurrents, selon la compagnie. La maison mère a couvert cette année environ 80 % de ses coûts de kérosène à un prix fixe.
Parallèlement, Brussels Airport, la base de la compagnie, est resté pratiquement paralysé toute la journée du 12 mars. Cela faisait suite à la grève nationale contre les plans d’économies et de réformes du gouvernement De Wever. La grève, à laquelle une partie du personnel de sécurité a participé, a entraîné l’annulation de 359 vols et affecté 30.000 voyageurs, selon les calculs de l’aéroport. Une part importante d’entre eux devait normalement embarquer à bord d’un avion de Brussels Airlines.
À l’approche de l’été, Brussels Airlines réaffecte une partie de sa capacité vers le réseau européen. Cela est rendu possible grâce à la suspension partielle des vols vers le Moyen-Orient et à la mise en service anticipée d’un Airbus A320neo supplémentaire.
« Une approche prudente et flexible »
« Le monde est aujourd’hui très volatil, ce qui rend impossible toute prévision sur notre situation dans quelques semaines », explique la directrice financière Nina Öwerdieck. « Ce que nous savons en revanche, c’est que Brussels Airlines est aujourd’hui dans une meilleure position qu’avant la crise du COVID-19. Cela ne signifie pas pour autant que nous pouvons relâcher notre vigilance : nous devons rester agiles et continuer à nous adapter rapidement à ce qui se présente à nous. En parallèle, nous continuons à investir de manière intelligente et disciplinée dans notre marque, notre produit et notre flotte. » Öwerdieck fait notamment référence aux nouveaux A320neo et à la rénovation du lounge The Loft.
Brussels Airlines souligne enfin dans son communiqué que ce premier trimestre confirme une nouvelle fois à quel point les compagnies aériennes restent exposées aux tensions géopolitiques, à la volatilité des prix de l’énergie et aux mouvements sociaux nationaux. La compagnie affirme dès lors vouloir maintenir dans les prochains mois une « approche prudente et flexible ».
