
Après un lancement en trombe jeudi, le Belgian Travel Congress est directement passé à la vitesse supérieure vendredi matin, avec un premier volet de fond consacré aux dynamiques générationnelles et à la résilience numérique. Deux thèmes qui semblent éloignés, mais qui, en pratique, posent la même question : comment rendre le secteur prêt pour l’avenir.
Sont-ils plus paresseux et plus exigeants ? Manquent-ils d’ambition et rejettent-ils toute forme d’autorité ? Sont-ils toujours à la recherche d’un bon équilibre entre vie professionnelle et vie privée et poursuivent-ils encore le succès ? C’est ainsi que Julien De Wit s’est penché sur la Gen Z, tout en nuançant d’emblée le discours dominant. Selon lui, la génération est trop souvent mal comprise, alors que le véritable défi se situe ailleurs. « Il existe beaucoup d’idées reçues sur la Gen Z, et aussi sur les autres générations », a-t-il déclaré.

De Wit a plaidé pour davantage de dialogue intergénérationnel, non pas tant comme idéal de société, mais comme nécessité économique dans une société vieillissante. Il a également mis en avant le concept de sense of belonging comme notion clé. Les jeunes, mais aussi de manière frappante les plus âgés, se sentent moins liés à l’ensemble.
Son analyse présente la Gen Z moins comme une anomalie que comme une amplification de tendances plus larges. Authenticité, incertitude et surcharge d’information en constituent, selon lui, le cœur. « Aujourd’hui, un jeune consomme via son smartphone autant d’informations qu’un érudit du Moyen Âge au cours de toute sa vie », ce qui explique la pression constante et la comparaison permanente.
La cybersécurité comme condition de base
Là où De Wit a mis en lumière le facteur humain, Nico Bosschaert a proposé une approche plus opérationnelle autour de la cybersécurité. Son constat : les entreprises sous-estiment généralement les enjeux.
À l’aide de l’analogie avec La Ronde de nuit de Rembrandt, il a illustré l’importance d’une protection en plusieurs couches. « Quels sont les joyaux de la couronne de votre entreprise ? », a-t-il demandé. Les données – des informations clients aux données de paiement – sont à cet égard essentielles.

Bosschaert a souligné qu’une cyberattaque est rarement un événement soudain. « Il faut en moyenne 12 étapes pour qu’un cybercriminel passe d’un e-mail à vos données. » Autant d’occasions d’intervenir. Les exemples concrets, comme Brussels Airport l’an dernier, ont montré que le secteur du voyage n’y échappe pas.
Dans la salle voisine, Fred Colantonio a donné une keynote intitulée : « Laisser une impression durable, presque toujours ».
La destination elle-même a également été remise à l’honneur ce matin. Joana Mikulska (Go Vilnius) avait déjà donné le ton la veille, et vendredi encore, Vilnius s’est affirmée comme une ville de contrastes et d’expériences : d’un beer spa « où l’on boit de la bière tout en s’y baignant » à un festival annuel dédié à la soupe de betterave rouge « rose », en passant par l’ancienne prison de Lukiškės – où est enfermée une effigie en carton de Vladimir Poutine – jusqu’à la tour de télévision, où l’on peut, attaché à une corde sur le toit, profiter de la vue sur la ville et ses environs verdoyants.
