
« Business as usual ! » À l’Arabian Travel Market (ATM) de Dubaï, la formule sonnait presque comme un cri de ralliement, après que le conflit avec l’Iran a bouleversé le calendrier initial du salon et mis la résilience de la région à rude épreuve pendant plusieurs mois. Le fait que les hôtels, les compagnies aériennes et les destinations se soient finalement retrouvés autour de la table en septembre montre en tout cas que la volonté d’aller de l’avant est restée intacte.
Pendant deux jours de discussions, nous avons constaté à quel point cette volonté se traduit par des projets qui vont bien au-delà de la prochaine saison de vente. Tandis qu’Abu Dhabi étoffe son offre culturelle et que Ras Al Khaimah prépare l’ouverture de nouveaux hôtels, Dubaï cherche également à proposer de nouvelles expériences aux visiteurs qui reviennent. Cette diversification doit raviver l’envie de voyager, tout comme le Qatar souhaite inciter les passagers en transit à prolonger leur séjour et la Jordanie se tourne vers de nouveaux marchés pour soutenir son économie touristique.
Le voyageur avance toutefois à son propre rythme, comme le montrent clairement les chiffres derrière l’optimisme du salon. Abu Dhabi, par exemple, a accueilli jusqu’à fin août 14,2 % de clients hôteliers en moins que l’année dernière, tandis que Dubaï voit progressivement son taux d’occupation hôtelière se redresser et que Ras Al Khaimah accueille davantage de visiteurs, mais enregistre moins de revenus. En bref, un agenda de salon bien rempli ne suffit pas encore à remplir les hôtels.
Cette activité offre néanmoins des perspectives, précisément parce que les destinations continuent à dialoguer avec leurs partenaires et tentent de comprendre ce qui freine les voyageurs. Abu Dhabi, par exemple, s’est attaqué avec Etihad à un obstacle lié aux assurances, tandis que le Qatar a renégocié des contrats afin de préserver les relations existantes. Derrière les grandes ambitions de relance se cache donc aussi le travail quotidien nécessaire pour faire évoluer les perceptions et, par conséquent, stimuler les ventes.
Le professionnel belge du voyage reste lui aussi un maillon essentiel dans ce processus, car la connaissance de l’offre ne devient réellement convaincante que lorsqu’elle s’accompagne de réponses claires sur l’accessibilité, la flexibilité et le déroulement du voyage.
« La confiance descend en ascenseur. Elle remonte par l’escalier. À nous d’allumer ensemble la lumière dans cette cage d’escalier », a déclaré Schubert Lou de Trip.com à l’ATM. Cette idée constitue le fil rouge de ce spécial Moyen-Orient, dans lequel nous examinons comment une région qui continue à investir tente également de reconquérir les voyageurs, même si cela se fait forcément marche après marche.
Cesar Van den Bergh
Rédacteur en chef

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