
Brussels Airport teste, en collaboration avec Skytanking, une installation mobile qui mélange sur place du kérosène avec un carburant d’aviation moins polluant, le SAF. L’aéroport souhaite ainsi approvisionner de manière ciblée les compagnies aériennes qui veulent voler avec une proportion plus élevée de SAF. Ce test clôture Stargate, le programme européen d’innovation d’une durée de cinq ans.
Cette installation répond à l’évolution du marché des carburants. Depuis 2025, conformément aux règles européennes ReFuelEU, les fournisseurs doivent intégrer au moins 2 % de SAF dans leur offre. Ce minimum passera à 6 % en 2030, avant d’augmenter progressivement pour atteindre 70 % en 2050. Cette obligation porte sur les volumes livrés et non sur chaque vol séparément.
À Brussels Airport, le mélange de carburant habituel arrive par des conduites souterraines. L’installation mobile doit permettre de fournir, en complément, des mélanges contenant une proportion plus élevée de SAF aux compagnies qui le souhaitent. Le test se poursuivra jusqu’à la fin de cette année et portera aussi bien sur l’approvisionnement en pratique que sur les conséquences pour la qualité de l’air au niveau local.
Le SAF peut notamment être produit à partir d’huile de friture usagée. Le bénéfice climatique est calculé sur l’ensemble de la chaîne, de la production à la consommation : la combustion du SAF émet elle aussi du CO₂. L’étude sur la qualité de l’air local examine un autre effet, à savoir l’impact de proportions plus élevées de SAF sur les émissions de particules ultrafines.
Le coût reste un obstacle économique. Pour 2025, l’Agence européenne de la sécurité aérienne (EASA) a calculé un prix de référence du SAF environ trois fois supérieur à celui du carburant d’aviation fossile. Une utilisation accrue de SAF peut donc considérablement augmenter la facture de carburant.
Dans le cadre de Stargate, Brussels Airport a testé plus de trente projets avec 22 partenaires. Certains font désormais partie des opérations quotidiennes. Skytanking utilise ainsi deux distributeurs électriques de carburant. Selon l’aéroport, 95 % des marchandises de la zone cargo transitent également par la ‘Digital Green Lane’, qui digitalise les livraisons et les enlèvements afin de réduire les temps d’attente et les formalités administratives.
« Nous avons pu tester des technologies innovantes dans les opérations quotidiennes de l’aéroport, découvrir ce qui fonctionne et ce qui nécessite encore des développements supplémentaires », explique Arnaud Feist, à la tête de l’aéroport. Pour les véhicules au sol fonctionnant à l’hydrogène, par exemple, les infrastructures et l’offre disponible restent des obstacles.
L’expo Stargate organisée pour clôturer le programme au Skyhall a attiré quelque 700 visiteurs le week-end dernier. Les connaissances acquises seront également partagées avec d’autres aéroports.
Photo © Brussels Airport

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