
L’Association du transport aérien international (IATA) ne se montre pas convaincue par la réforme de l’EU261, la réglementation européenne relative aux droits des passagers en cas de retard ou d’annulation. Selon l’organisation sectorielle, les principaux problèmes structurels demeurent et risquent même d’engendrer des coûts supplémentaires pour les compagnies aériennes comme pour les voyageurs.
Après treize années de discussions, les institutions européennes sont parvenues à un accord politique sur une version révisée de la réglementation. Selon l’IATA, les modifications, qui vont partiellement dans le sens de ses recommandations, restent toutefois limitées. Une liste des circonstances extraordinaires dans lesquelles les compagnies aériennes ne sont pas automatiquement tenues d’indemniser les voyageurs en cas de vol retardé ou annulé sera notamment établie. Les aéroports devront également élaborer des plans d’urgence pour prendre en charge les passagers bloqués lors de perturbations majeures.
L’accord prévoit par ailleurs de nouveaux droits pour les passagers. Les compagnies aériennes devront notamment placer gratuitement côte à côte les familles voyageant avec des enfants de moins de quatorze ans, les procédures d’indemnisation seront simplifiées et des règles plus strictes seront appliquées en matière de transparence des prix des billets et des bagages à main. Pour l’IATA, il s’agit toutefois davantage de mesures complémentaires que de véritables solutions aux lacunes fondamentales de la réglementation actuelle.
Compétitivité européenne
« Après treize années de discussions, l’occasion a été manquée d’améliorer la compétitivité de l’Europe et l’expérience des passagers en corrigeant les faiblesses de l’EU261 », a déclaré Willie Walsh, directeur général de l’IATA. Selon lui, cette réforme ne permettra pas de réduire les retards.
Concrètement, l’IATA souligne que le secteur aérien européen supporte aujourd’hui près de huit milliards d’euros de coûts annuels directement liés à l’EU261. L’organisation affirme également qu’une grande partie des retards est causée par des problèmes de capacité dans la gestion du trafic aérien européen, un domaine qui échappe au contrôle des compagnies aériennes.
Le secteur aérien espérait en effet une réforme plus profonde. L’IATA fait notamment référence à une proposition de la Commission européenne visant à relever les seuils de compensation en cas de retard. Selon les compagnies aériennes, cette mesure aurait offert davantage de marge pour réacheminer plus rapidement les voyageurs ou leur proposer des solutions alternatives. Cette proposition n’a finalement pas été retenue par le Parlement européen.
Le débat n’est toutefois pas totalement clos, estime l’IATA. Des discussions se poursuivront dans les prochains mois sur la mise en œuvre concrète des nouvelles règles ainsi que sur une stratégie aérienne européenne plus large. Les problèmes structurels liés au contrôle du trafic aérien devraient également y être abordés.

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