
Les secteurs belges de l’aviation et du voyage réagissent d’une seule voix à la décision du gouvernement fédéral d’augmenter davantage la taxe sur les vols. Dans une déclaration commune, l’association aérienne BAR Belgium et les fédérations touristiques VVR, UPAV, ABTO, BTC et BATM qualifient cette mesure d’« irresponsable et téméraire », à un moment où le secteur est déjà confronté à une crise des coûts sans précédent.
Selon ces organisations, l’aviation traverse la plus grave crise du carburant de ces dernières décennies. La forte hausse du prix du kérosène, l’augmentation des coûts liés au CO₂, l’inflation et la progression des dépenses opérationnelles exercent une pression considérable sur la rentabilité des compagnies aériennes. Dans ce contexte, une taxe supplémentaire est jugée non seulement incompréhensible, mais aussi préjudiciable à la compétitivité de la Belgique.
« Taxer l’aviation en pleine crise du carburant est fondamentalement un mauvais choix politique, mal réfléchi », déclare Vincent Snauwaert de BAR Belgium.
Les signataires soulignent que les recettes supplémentaires générées par cette taxe ne seront pas investies dans la mobilité, les infrastructures ou le renforcement de la compétitivité du secteur, mais alimenteront les caisses de l’État. Dans le même temps, les voyageurs continuent selon eux à faire face à des problèmes structurels tels que les actions sociales, les longues files aux contrôles frontaliers et les difficultés opérationnelles entraînant des vols manqués.
Sur le plan économique également, les organisations jugent cette mesure difficilement défendable. Elles rappellent que l’aviation joue un rôle essentiel pour le commerce, les investissements, le tourisme et l’emploi. Une nouvelle hausse des coûts irait, selon elles, directement à l’encontre des objectifs économiques poursuivis par les autorités.
Les organisations sectorielles pointent également un écart croissant avec d’autres pays européens. Alors que plusieurs États européens étudient, selon elles, des mesures visant à protéger la compétitivité de leur secteur aérien, la Belgique choisit une nouvelle fois la voie inverse.
Pour le secteur, les conséquences sont prévisibles : des billets d’avion plus chers pour les consommateurs, une position concurrentielle affaiblie pour les aéroports belges et des effets négatifs sur le tourisme, la connectivité et l’économie.

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