
Lors d’une conférence de presse organisée jeudi à Brussels Airport, Transavia a officiellement inauguré sa première base d’équipage en Belgique. Les quatre appareils qui y sont désormais stationnés sont exploités par quelque 150 collaborateurs locaux. La filiale néerlandaise d’Air France-KLM met ainsi définitivement fin au modèle temporaire qui consistait à faire venir du personnel néerlandais à Bruxelles.
Transavia opère des vols au départ de Bruxelles depuis 2022, mais faisait initialement appel à des équipages néerlandais. Les pilotes et le personnel de cabine venaient généralement en taxi depuis Eindhoven et séjournaient régulièrement à l’hôtel. « Nous avons délibérément opté pour un développement progressif et prudent », explique le CEO Paul Terstegge. « Nous voulions d’abord acquérir de l’expérience, apprendre à connaître le marché et ainsi construire une base solide. Et cette base est désormais bien établie. »
« Stationner un avion dans un aéroport est une chose, mais y développer ensuite une véritable base en est une autre », affirme la directrice opérationnelle Marloes van Laake. « Si vous voulez créer des liens dans un pays, si vous souhaitez vraiment établir une connexion avec l’aéroport, les passagers et la région, vous devez investir localement. »
La grande majorité des collaborateurs vivent et travaillent en Belgique, disposent d’un contrat de travail belge et relèvent du droit du travail belge. Les préparatifs ont duré plus d’un an, explique Van Laake. Le 29 avril, le premier vol Transavia entièrement assuré par un équipage belge a finalement décollé à destination d’Alicante.
« Il a également fallu convaincre le marché du travail qu’il ne s’agissait pas d’un simple essai », poursuit Van Laake. « Nous sommes vraiment ici pour rester et investir. » La base locale doit simplifier la planification et rendre les opérations plus robustes. Les équipes y commencent et terminent leur journée de travail et y effectuent leurs briefings de vol.
Pour Brussels Airport aussi, il s’agit de bien plus qu’un nouveau centre d’équipage. Lors de l’inauguration, le CEO Arnaud Feist a qualifié Transavia de homecarrier. « Cela signifie davantage d’emplois dans notre pays, ce qui est évidemment très important », souligne Feist. « C’est aussi un signe de confiance mutuelle. Transavia a choisi Brussels Airport et souhaite continuer à s’y développer au cours des prochaines années. »
Vers quinze destinations
Transavia a commencé ses activités à Brussels Airport il y a quatre ans avec deux avions. Un troisième appareil a ensuite suivi et, depuis la semaine dernière, quatre avions y sont stationnés. « Bruxelles est ainsi devenue pour nous une véritable quatrième base, aux côtés d’Amsterdam, Rotterdam et Eindhoven », explique Terstegge. « Nous ancrons notre présence ici sur le long terme. Nous sommes convaincus qu’une croissance durable n’est possible qu’en investissant localement. »
À partir du 14 décembre, Transavia desservira Porto trois fois par semaine. À l’été 2027 viendront s’ajouter Héraklion, Thessalonique et Ponta Delgada, aux Açores. Les billets pour ces trois liaisons seront mis en vente le 16 septembre. L’offre au départ de Bruxelles passera ainsi de onze à quinze destinations.
Depuis le lancement de ses activités, Transavia a transporté près de 2,5 millions de passagers au départ de Bruxelles. L’année dernière, ils étaient environ 650 000. Terstegge s’attend même à franchir pour la première fois le cap du million de passagers cette année.
« Sur le plan opérationnel, tout se passe extrêmement bien et la satisfaction des clients en Belgique est particulièrement élevée », affirme le CEO. « Cet été, nos vols au départ de Bruxelles affichent des taux de remplissage d’environ 90 %, voire davantage. C’est ce dont nous avons besoin pour pouvoir continuer à nous développer à l’avenir. »
Un cinquième appareil stationné à Bruxelles n’est pas encore à l’ordre du jour. « Cet avion viendra certainement un jour, mais nous n’avons encore ni projet concret ni décision à ce sujet », explique Terstegge. « Cela dépendra notamment de la rentabilité des vols existants. Je ne m’attends pas à ce qu’il arrive l’année prochaine, mais nous voulons développer nos activités ici dès que possible. Sinon, nous n’aurions pas ouvert un tel centre d’équipage. »
Interrogée à ce sujet, Transavia, qui dessert principalement des destinations de vacances en Europe du Sud et en Afrique du Nord, envisage également la Scandinavie et d’autres destinations hivernales au départ de Bruxelles. « Nous y voyons certainement des possibilités de croissance », indique Terstegge. « Mais il est important de procéder étape par étape et de veiller à ce que la base d’équipage puisse évoluer au même rythme. »
Le secteur belge du voyage aura également un rôle à jouer. « Le secteur du voyage en Belgique est extrêmement important et contribuera aussi à notre croissance future », affirme Terstegge. « Nous investissons dans ces relations et nous nous concertons avec le secteur pour identifier les possibilités de nouvelles destinations. Nous collaborons avec tous les grands tour-opérateurs et ne nous concentrons pas sur un seul partenaire. »
Des Airbus plus grands suivront plus tard
Pour l’instant, les appareils basés à Bruxelles sont encore des Boeing 737. Transavia remplacera l’ensemble de sa flotte de Boeing par des Airbus d’ici fin 2031. La flotte compte actuellement 34 Boeing et 18 Airbus A321neo. Le dix-neuvième Airbus sera livré cette semaine.
Bruxelles ne sera concernée que plus tard par le programme de remplacement. Après Schiphol viendront d’abord Rotterdam et Eindhoven, puis Brussels Airport. Terstegge souligne toutefois que la composition exacte de la flotte peut encore évoluer pour des raisons opérationnelles et commerciales. En principe, la majeure partie de la flotte bruxelloise sera composée d’A321neo. « Par rapport aux Boeing, nous disposons de 43 sièges supplémentaires par avion. C’est une croissance considérable, non pas en nombre de vols, mais bien en nombre de sièges. »
Selon la compagnie, les nouveaux appareils consomment jusqu’à 20 % de carburant en moins et produisent jusqu’à 50 % de bruit en moins. Transavia entend ainsi contribuer à l’ambition de Brussels Airport de réduire les nuisances sonores de 30 % d’ici 2032.
Un élargissement des restrictions nocturnes aurait toutefois de lourdes conséquences, selon Terstegge. « Pour nous, il est important que les quatre avions puissent effectuer autant que possible trois vols aller-retour par jour. Une fermeture nocturne plus longue aurait un impact énorme, y compris, à terme, sur le prix payé par nos clients. »
Taxes et Eindhoven
L’augmentation de la taxe aérienne belge, qui passera l’année prochaine de 5 à 7 euros pour les vols de plus de 500 kilomètres, ne décourage pas Transavia pour l’instant. « Nous avons vu que la taxe prévue pour l’année prochaine a été ramenée de 10 à 7 euros. C’est une bonne nouvelle, pour nous aussi », indique Terstegge.
Aux Pays-Bas, la taxe est en effet beaucoup plus élevée, puisqu’elle dépasse les 30 euros. Ces taxes et coûts aéroportuaires élevés incitent de plus en plus de voyageurs néerlandais à se tourner également vers les aéroports belges et allemands. « Le lancement de notre base bruxelloise est destiné à 100 % au marché belge et aux clients belges », souligne Terstegge. « Le fait que les Néerlandais se tournent davantage vers les aéroports situés de l’autre côté de la frontière relève d’une autre dynamique et n’est pas la raison de notre présence ici. »
La fermeture temporaire d’Eindhoven Airport en 2027 n’entraînera pas non plus automatiquement le stationnement d’un appareil supplémentaire à Bruxelles. Transavia dispose actuellement de neuf avions à Eindhoven. Pendant la fermeture, quatre seront exploités depuis Cologne et Weeze et deux depuis Maastricht.
« Cela entraîne à nouveau des inefficacités, car les contrats de travail de nos collaborateurs ne prévoient pas une journée de travail qui commence en Allemagne ou à Maastricht », explique Van Laake. « Nous devons organiser de nombreux déplacements pour acheminer le personnel sur place. Nous ne disposons donc pas des équipages ni de l’organisation opérationnelle nécessaires pour redéployer les neuf appareils. »
La capacité restante pourra être répartie entre d’autres bases. « Si nous pouvons faire quelque chose de plus au départ de Bruxelles, nous l’examinerons certainement », indique Van Laake. Cela dépendra notamment des créneaux horaires et des positions de stationnement disponibles.
Une touche belge au menu ?
L’ancrage local ne s’étend pas encore aux chariots de catering. Sur les vols belges, la même offre de catering payante qu’aux Pays-Bas est proposée.
« Pour l’instant, nous travaillons avec le même concept de catering », explique Van Laake. « Mais il est tout à fait légitime de se demander si, à l’avenir, nous ne devrions pas mieux écouter les souhaits des consommateurs belges. Tout le monde n’aime pas les stroopwafels et les nouilles instantanées en pot. »
Transavia France propose déjà un assortiment adapté aux voyageurs et aux liaisons françaises. « Il n’est donc pas du tout absurde d’envisager la même chose en Belgique », ajoute Terstegge. « Le concept de catering payant restera le même. Il s’agirait surtout de proposer d’autres choix dans l’assortiment. »






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