
Le système européen Entry/Exit System (EES) est entièrement opérationnel depuis 10 avril dans 29 pays de l’espace Schengen. Il remplace les cachets manuels dans les passeports pour les voyageurs non européens et enregistre désormais numériquement chaque entrée et sortie, avec la possibilité de stocker des données biométriques.
L’EES vise à améliorer le contrôle de la durée de séjour et à lutter contre la fraude à l’identité. Les voyageurs hors UE se voient créer un dossier numérique lors de leur premier passage, comprenant notamment les données du passeport, une photo du visage et des empreintes digitales. Lors des voyages suivants, les contrôles devraient être plus rapides grâce à ces données enregistrées.
La mise en place s’inscrit dans une digitalisation plus large de la gestion des frontières, où le futur système ETIAS jouera également un rôle en tant qu’autorisation de voyage préalable. Celui-ci est attendu plus tard dans l’année.
Dans la pratique, le déploiement ne se fait toutefois pas sans difficultés. Brussels Airport signale des temps d’attente importants au contrôle aux frontières depuis l’introduction progressive du système. Fin mars, autour du lancement, les délais ont atteint jusqu’à deux heures au départ et plus de trois heures à l’arrivée pour les passagers non européens. Près de 600 voyageurs ont ainsi manqué leur vol.
L’aéroport souligne que même une application partielle entraîne déjà des retards, notamment en raison de temps de traitement plus longs par passager et de la désactivation temporaire des e-gates pour certaines nationalités. Depuis l’enregistrement complet de tous les passagers, la pression reste élevée, avec des temps d’attente allant jusqu’à une heure au départ et près de deux heures à l’arrivée.
Brussels Airport demande dès lors au gouvernement belge de plaider au niveau européen pour un assouplissement supplémentaire du déploiement. Selon l’aéroport, le système doit d’abord fonctionner de manière stable avant d’être appliqué pleinement. Par ailleurs, une occupation complète des postes de contrôle et une réactivation rapide des e-gates pour les ressortissants de pays tiers restent essentielles pour garantir la fluidité.
L’aéroport avertit que des problèmes persistants risquent non seulement de dégrader l’expérience des voyageurs, mais aussi d’affaiblir la position de Bruxelles comme hub intercontinental à l’approche de la haute saison estivale.
