
Le groupe d’investissement américain Apollo Global Management rachète easyJet pour 5,7 milliards de livres sterling, soit environ 6,6 milliards d’euros. Apollo l’emporte sur son concurrent Castlelake, qui s’est retiré de la bataille après plusieurs mois de négociations. La transaction doit être finalisée au plus tard fin mars 2027.
Apollo paie 7,15 livres sterling par action. Le conseil d’administration d’easyJet a soutenu l’offre à l’unanimité, tout comme son fondateur Stelios Haji-Ioannou. Sa famille détient toujours 15,3 % de la compagnie aérienne et souhaite conserver sa participation dans la nouvelle entreprise non cotée en bourse.
Cette opération met ainsi fin à plus d’un quart de siècle de cotation en bourse pour easyJet. La compagnie aérienne britannique à bas prix avait fait son entrée en bourse en 2000 au prix de 3,10 livres sterling par action.
Pendant longtemps, Castlelake semblait avoir l’avantage. Depuis mai, l’investisseur américain avait vu plusieurs de ses propositions rejetées, mais était finalement parvenu, début juillet, à convaincre le conseil d’administration avec une cinquième offre de 6,90 livres sterling par action. Quelques jours à peine plus tard, Apollo est entré dans la course avec une proposition plus élevée. Jeudi, Castlelake a décidé de ne pas surenchérir.
Ce n’est pas un hasard si deux investisseurs américains étaient prêts à débourser des milliards pour easyJet. La compagnie dispose de précieux droits de décollage et d’atterrissage dans des aéroports très fréquentés comme Londres-Gatwick, Genève, Amsterdam-Schiphol et Milan-Malpensa. De tels créneaux sont extrêmement difficiles à reconstituer et représentent donc une valeur économique considérable.
EasyJet dispose également d’un vaste réseau européen et d’une flotte de plus de 300 appareils Airbus. La compagnie remplace progressivement ses avions les plus anciens par des A320neo et A321neo plus grands et plus économes en carburant. Elle peut ainsi augmenter sa capacité dans les aéroports très fréquentés sans devoir accroître proportionnellement le nombre de vols.
EasyJet Holidays constitue un autre atout important. L’année dernière, la division vacances a fait voyager 3,1 millions de clients et enregistré un bénéfice avant impôts de 250 millions de livres sterling. Plus d’un tiers du bénéfice du groupe provenait ainsi de la vente de voyages à forfait. Apollo souhaite poursuivre le développement de cette activité tout en investissant dans le renouvellement de la flotte, la digitalisation et des revenus supplémentaires provenant notamment des bagages, du choix des sièges et des programmes de fidélité.
L’investisseur américain ne peut toutefois pas prendre entièrement le contrôle d’easyJet sans certaines restrictions. Les compagnies aériennes européennes doivent rester détenues à au moins 50 % par des intérêts européens afin de conserver leurs licences d’exploitation et leurs droits de trafic. Apollo limite donc sa participation directe à 49,9 % maximum. Un fonds européen détiendra jusqu’à 5 %, tandis que la famille Haji-Ioannou restera également actionnaire.
Le rachat doit encore être approuvé par les actionnaires et les autorités de régulation concernées. Jusqu’à la finalisation de l’opération, easyJet restera cotée à la Bourse de Londres.

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