
Gunther Batsleer (TUI) succède à Tim Van den Bergh (Tomorrowland Thailand) à la présidence d’ABTO. Van den Bergh quittera ses fonctions à la fin du mois de septembre, sa nouvelle mission pour Tomorrowland Thailand et son installation à Bangkok ne lui laissant plus suffisamment de latitude pour diriger l’organisation belge des tour-opérateurs comme il estime nécessaire de le faire. Batsleer a été élu à l’unanimité par le conseil d’administration et reprendra également, à partir d’octobre, le siège de Van den Bergh au sein du conseil d’administration de la BTC. L’ambition commune reste inchangée : renforcer la représentation du secteur du voyage et parler d’une seule voix, claire et forte.
Tim Van den Bergh nous appelle depuis Bangkok. Le contexte de son départ de la présidence d’ABTO devient ainsi immédiatement très concret. En mars, il a quitté Sunweb Group, mais, en concertation avec l’entreprise et le conseil d’administration d’ABTO, il avait décidé de rester président. L’organisation avait engagé un processus visant à rapprocher davantage les différents acteurs du secteur belge du voyage. Un projet qu’il souhaitait poursuivre.
À partir du mois de juin, une nouvelle mission est venue s’ajouter à ses responsabilités : contribuer, depuis Bangkok, au développement de Tomorrowland Thailand. Entre-temps, il s’est installé avec sa famille dans la capitale thaïlandaise, où il restera au moins jusqu’à la fin de l’année.
Cette combinaison rend difficile le maintien du niveau d’attention qu’ABTO requiert aujourd’hui. Non pas parce qu’il est impossible de se concerter à distance, mais parce que rapprocher des organisations suppose également une présence physique et des contacts personnels.
« Nos dossiers exigent de la présence, de l’implication et, parfois, tout simplement la capacité de pousser les choses pour les faire avancer », explique Van den Bergh. « Depuis Bangkok, je ne peux pas l’assurer suffisamment. »
Lors de son entretien avec TravMagazine, il précise encore sa pensée. « On peut faire énormément de choses à distance », dit-il. Mais les changements sur lesquels travaille ABTO nécessitent également des contacts personnels. « Il faut être au cœur de l’action. »
Il avait déjà annoncé sa décision de se retirer au sein du conseil d’administration il y a deux semaines. Celle-ci a encore été discutée cette semaine. Selon Van den Bergh, elle découle du constat qu’ABTO a besoin d’un président capable de s’investir pleinement.
« Faire les choses à moitié vis-à-vis d’ABTO et vis-à-vis de vous ne serait pas correct, et cela ne correspond pas à ma manière d’être », écrit-il dans un message personnel adressé aux membres.
Un successeur déjà pleinement impliqué dans le projet
En choisissant Gunther Batsleer, ABTO opte pour un membre de son conseil d’administration qui, dès son arrivée, a soutenu le rapprochement avec la Belgian Travel Confederation. Sa candidature constitue donc également un choix de continuité sur le fond.
Batsleer dispose de plus de 22 années d’expérience dans le secteur, acquises au sein de TUI à travers différentes fonctions. Durant ses dix premières années, il a travaillé dans le domaine du produit. Ses responsabilités se sont ensuite orientées vers les services complémentaires, les prestations additionnelles et l’upselling, d’abord pour la Belgique et les Pays-Bas, puis à l’échelle du groupe. Il siège aujourd’hui au commercial board de TUI Group.
Malgré cette responsabilité internationale, son lien avec le marché belge est resté très fort. Il est basé en Belgique et entretient des contacts étroits avec la direction belgo-néerlandaise de TUI. Sa candidature à la présidence d’ABTO a d’ailleurs également fait l’objet d’une concertation interne.
Selon Batsleer, sa décision de se porter candidat a été mûrement réfléchie. Il croit au projet qui l’avait déjà poussé à rejoindre le conseil d’administration d’ABTO : unir les forces du secteur et évoluer vers une représentation commune plus claire.
« Il ne s’agit pas d’un changement de cap », insiste-t-il. L’objectif est au contraire de poursuivre les discussions et de redonner davantage de rythme à la trajectoire définie ensemble.
Une continuité à deux niveaux
La transition ne concerne pas uniquement la présidence d’ABTO. À partir du mois d’octobre, Batsleer reprendra également le siège de Van den Bergh au sein de l’organe d’administration de la BTC. Thierry Coppejans y restera, comme prévu précédemment, le deuxième représentant d’ABTO. Le lien entre les deux organisations reste ainsi pleinement assuré.
Au cours des prochaines semaines, Van den Bergh veillera à organiser une transmission minutieuse. Il a également remis au conseil d’administration une note reprenant ses recommandations et les priorités pour les mois à venir. Batsleer et les autres administrateurs poursuivront le travail dans cette direction. Par la suite, Van den Bergh restera également disponible pour apporter ses conseils et son soutien.
« Gunther partage la même vision et veillera en outre à redonner davantage de vitesse et de force d’action à notre fonctionnement », affirme Van den Bergh. « Le cap ne change donc pas, bien au contraire. »
Même si la collaboration entre ABTO et la BTC a peut-être été moins visible ces derniers mois, elle a continué à se développer en coulisses. Depuis l’adhésion d’ABTO à la BTC, les discussions portent désormais principalement sur la mise en œuvre pratique de leur fonctionnement commun, l’harmonisation des affiliations, le back-office et le rôle de porte-parole. Des étapes concrètes ont également été franchies en matière d’études de marché : ABTO et la BTC travaillent à une approche intégrée des données et des insights.
Une coordination existe également déjà sur les dossiers européens et juridiques, les formations et l’avenir de la Commission de Litiges Voyages. L’objectif reste de réduire les doublons et les coûts, de regrouper les expertises et de représenter le secteur d’une seule voix claire.
Avec un clin d’œil à l’ANVR
Pour définir le modèle vers lequel ils souhaitent évoluer, Van den Bergh comme Batsleer regardent également du côté de leurs voisins néerlandais. Ils considèrent comme inspirante la manière dont l’ANVR rassemble et représente conjointement différentes composantes du secteur du voyage aux Pays-Bas.
Batsleer se réfère notamment à l’expérience positive de TUI dans cette collaboration. Il ne s’agit certainement pas, souligne-t-il avec insistance, de reprendre tel quel le modèle néerlandais, mais bien d’en tirer des enseignements. Les différents types d’entreprises du voyage ont chacun leurs propres activités et intérêts, tout en parvenant à se retrouver au sein d’une représentation commune.
Van den Bergh établit à cet égard une distinction entre l’organisation interne et la lisibilité vers l’extérieur. Selon lui, une collaboration belge doit tenir compte des différentes langues, des réalités régionales et du rôle des associations existantes. Cela n’empêche toutefois pas de disposer d’un interlocuteur commun clairement identifiable.
Lorsqu’un dossier est européen, national ou commun à l’ensemble du secteur, celui-ci doit, selon lui, pouvoir parler d’une même voix.
« Une seule voix vaut mieux que trois demi-voix », résume Van den Bergh.
Son départ ne change rien à cette conviction. Il continuera à suivre le secteur et se réjouit déjà de retrouver tout le monde après son aventure thaïlandaise. Entre-temps, Batsleer assumera la responsabilité de faire avancer le projet commun.
« Je crois en ce projet », déclare le nouveau président. C’est cette conviction qui l’avait déjà amené à rejoindre le conseil d’administration d’ABTO et qui le motive aujourd’hui à endosser un nouveau rôle.
Un autre président, donc, mais avec la même mission : transformer toujours davantage l’ambition partagée en une réalité commune.

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