
Le trafic aérien dans toute la Belgique est fortement perturbé en raison d’une grève non annoncée chez le contrôleur aérien Skeyes. Entre 14h00 et 21h00, aucun trafic aérien n’est possible dans tout le pays.
La grève a des conséquences directes sur tous les vols au départ et à destination de Brussels Airport, indique l’aéroport. Les compagnies aériennes sont contraintes d’annuler tous les vols prévus entre 14h00 et 21h00. Le trafic aérien est également totalement à l’arrêt à Brussels South Charleroi Airport en raison de la grève spontanée chez Skeyes. “Brussels South Charleroi Airport regrette les conséquences de cette grève chez Skeyes sur les projets de voyage de ses passagers et met tout en œuvre pour rétablir la situation dans les plus brefs délais.”
Les autorités aéroportuaires lancent un appel urgent aux passagers dont le vol a été annulé afin qu’ils ne se rendent pas à l’aéroport. Selon les prévisions actuelles, le trafic aérien devrait reprendre ce soir après 21h00. Il est conseillé aux voyageurs ayant un vol prévu tard dans la soirée ou demain de suivre les informations communiquées par leur professionnel du voyage et leur compagnie aérienne.
Bien que le trafic aérien devrait reprendre ce soir, d’éventuels retards restent à prévoir.
En raison d’une grève spontanée, les vols de nuit dans les aéroports belges avaient déjà été perturbés dans la nuit de lundi à mardi entre 02h30 et 07h00.
Cette action s’inscrit dans un conflit social plus large au sein de Skeyes concernant des changements organisationnels prévus. Le personnel s’inquiète notamment de l’impact des futurs projets de modernisation sur l’organisation du travail et l’emploi.
Les réactions du secteur du voyage organisé ne se sont pas fait attendre. Le ton est ferme. Plusieurs acteurs du secteur soulignent que des milliers de voyageurs sont à nouveau victimes d’un conflit social sur lequel ils n’ont aucune prise. « Le secteur du voyage en a plus qu’assez des grèves. » Le caractère non annoncé de l’action suscite surtout l’incompréhension.
UPAV : “des conséquences importantes pour les agences de voyages”
Sébastien Crucifix, UPAV: “Nous comprenons le droit de grève lorsqu’il s’exerce dans un cadre clair et prévisible. En revanche, nous dénonçons fermement les mouvements de grève déclenchés sans préavis suffisant, qui prennent les voyageurs et les professionnels du tourisme au dépourvu. De telles actions plongent l’ensemble du secteur dans une situation particulièrement délicate et génèrent des conséquences importantes pour les agences de voyages, leurs clients et l’ensemble de la chaîne touristique. Il faut protéger les droits des travailleurs, bien sûr. Mais il faut aussi protéger ceux qui veulent travailler, voyager ou simplement exercer leur activité économique. Aujourd’hui, c’est l’équilibre entre ces libertés qui est rompu.”
BAR Belgium : la « culture » des grèves (sans préavis) n’est plus acceptable
« Une fois de plus, le secteur aérien belge est pris en otage par une action sociale sans préavis aux conséquences considérables pour des milliers de passagers et d’entreprises », déclare Vincent Snauwaert de BAR Belgium, l’association belge du transport aérien. « Bien que nous ne prenions pas position sur le fond du conflit entre les contrôleurs aériens et skeyes, l’impact de cette action est inacceptable. La Belgique se forge de plus en plus une réputation internationale en matière de perturbations sociales ayant un impact disproportionné sur les citoyens et l’économie. Cela s’inscrit dans une tendance où le droit de grève est trop souvent utilisé au sein d’infrastructures critiques, alors que la concertation et les négociations devraient rester les principaux outils. Une culture des grèves (sans préavis) qui paralyse les services essentiels n’est plus acceptable dans le monde fortement interconnecté d’aujourd’hui. Des milliers de passagers n’ont pas pu voyager, d’importants rendez-vous d’affaires ont été manqués et les activités de fret ont été fortement perturbées. Une fois encore, ce sont les voyageurs et les entreprises qui paient le prix d’un conflit dans lequel ils ne jouent aucun rôle. Nous appelons toutes les parties concernées à prendre leurs responsabilités et à revenir à la table des négociations, en mettant l’accent sur la raison, la proportionnalité et un dialogue constructif. »

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