
Le World Travel & Tourism Council (WTTC) avertit que les modifications proposées au programme américain ESTA risquent de mettre encore davantage sous pression le secteur du tourisme aux États-Unis. Selon l’organisation, ces changements pourraient entraîner une perte de dépenses touristiques pouvant atteindre 15,7 milliards de dollars (13,1 milliards d’euros) et la suppression d’environ 157 000 emplois.
Le gouvernement du président américain Donald Trump envisage d’obliger les demandeurs d’ESTA à fournir un accès plus détaillé à leurs activités sur les réseaux sociaux des cinq dernières années. La mesure s’appliquerait aux voyageurs issus de pays actuellement autorisés à séjourner jusqu’à 90 jours aux États-Unis sans visa, dont la Belgique.
L’avertissement du WTTC intervient dans un contexte où le marché touristique s’est déjà affaibli en 2025. Depuis l’Europe, les États-Unis étaient sous pression l’an dernier. Dans plusieurs marchés d’Europe occidentale, dont la Belgique, les données du ministère américain du Commerce international (ITA) ont révélé un déclin structurel, indiquant que les États-Unis perdaient déjà du terrain auprès des voyageurs européens avant même l’entrée en vigueur de nouvelles politiques.
L’étude du WTTC repose sur une enquête menée auprès de voyageurs issus de plusieurs pays du programme ESTA, combinée à une analyse d’impact économique réalisée en collaboration avec GSIQ et Oxford Economics. Il en ressort que la notoriété de la mesure proposée est déjà élevée : 66 % des personnes interrogées déclarent en avoir entendu parler.
Selon l’organisation, cette perception pourrait rapidement se traduire par une modification du comportement des voyageurs. Environ un tiers des sondés affirment qu’ils seraient moins enclins à se rendre aux États-Unis dans les deux à trois prochaines années si ces règles étaient adoptées. Seuls 12 % disent vouloir voyager davantage, ce qui, selon le WTTC, se traduit par une baisse nette de l’envie de voyager.
La présidente et CEO du WTTC, Gloria Guevara, souligne les conséquences possibles sur l’emploi et la croissance. « La sécurité aux frontières américaines est essentielle, mais les changements politiques prévus nuiront à la création d’emplois, un objectif pourtant central pour le gouvernement américain », déclare-t-elle. « Notre étude montre que plus de 150 000 emplois pourraient disparaître si cette politique est appliquée, soit à peu près autant que le nombre moyen d’emplois créés chaque trimestre aux États-Unis. »
Selon Guevara, même des changements limités dans le comportement des visiteurs internationaux pourraient avoir un impact économique tangible. « De légères modifications du comportement des voyageurs découragés par les changements proposés auront des effets économiques réels sur le secteur américain du voyage et du tourisme, surtout dans un marché mondial très concurrentiel. »
Le WTTC appelle les décideurs américains à évaluer attentivement cette mesure et ses conséquences potentielles. « Les voyages et le tourisme constituent un moteur essentiel de l’économie américaine, de l’emploi et des liens internationaux. Un emploi sur trois dans le monde dépend de ce secteur », conclut Guevara.

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