
Les voyageurs belges restent parmi les citoyens les plus privilégiés au monde, selon la 20e édition du Henley Passport Index. Celui-ci montre également que la liberté de voyager dans le monde s’est fortement accrue au cours des vingt dernières années. Une évolution qui contraste pourtant fortement avec le nombre de conflits le plus élevé depuis la Seconde Guerre mondiale, selon le Global Peace Index.
La Belgique conserve avec succès sa place parmi les pays européens les mieux classés. Grâce à l’accord de Schengen et à un solide réseau de relations diplomatiques et économiques, les Belges bénéficient d’un accès sans visa à 186 pays, soit à la grande majorité du monde. L’Europe continue de dominer le classement, même si la concurrence au sommet s’est intensifiée : le top 10 compte aujourd’hui pas moins de 38 pays, contre 26 lors de la première édition de l’indice en 2006.
À l’échelle mondiale, Singapour occupe la première place avec un accès sans visa à 192 destinations. Les Émirats arabes unis enregistrent la progression la plus spectaculaire de l’histoire de l’indice : en ajoutant 153 destinations en vingt ans, ils grimpent à la deuxième place ex æquo (188 destinations), aux côtés du Japon et de la Corée du Sud.
Les grandes puissances occidentales traditionnelles perdent du terrain. Alors que les États-Unis et le Royaume-Uni occupaient encore les premières places en 2006, ils se retrouvent désormais respectivement à la dixième et à la sixième place.
La mobilité progresse, la paix recule
Ces résultats contrastent avec les dernières conclusions du Global Peace Index. Alors que le citoyen moyen peut aujourd’hui voyager sans visa vers 108 destinations, contre seulement 58 lors de la création de l’indice, l’Institute for Economics & Peace recense le plus grand nombre de conflits depuis la Seconde Guerre mondiale.
Le fait qu’un passeport puissant ne dépende pas uniquement de la stabilité intérieure est illustré par des exceptions telles que les États-Unis et Israël. « La puissance d’un passeport est l’une des expressions les plus évidentes du capital géopolitique d’un pays », explique le Dr Christian H. Kaelin, président de Henley & Partners. « Les passeports les plus puissants appartiennent à des pays que les autres nations souhaitent avoir comme partenaires en matière de commerce, d’investissements ou de sécurité. »
Malgré l’augmentation générale de la liberté de voyager – la Bolivie étant le seul pays au monde à avoir effectivement perdu des destinations accessibles sans visa au cours des vingt dernières années –, l’écart entre le haut et le bas du classement n’a jamais été aussi important. Il atteint désormais 170 destinations entre Singapour, en tête du classement, et l’Afghanistan, dernier avec seulement 22 destinations accessibles sans visa.

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