
Ryanair met ses menaces à exécution et retire cinq de ses dix-neuf appareils de l’aéroport de Charleroi. La compagnie à bas coûts irlandaise réagit ainsi à l’augmentation de la taxe d’embarquement belge. Le fait que le gouvernement fédéral De Wever ait légèrement modéré cette hausse d’impôt au tout dernier moment est jugé insuffisant et trop tardif par la compagnie.
Concrètement, vingt liaisons sont supprimées : quinze au départ de Charleroi et cinq au départ de Brussels Airport. Sur les lignes maintenues, les fréquences de vol seront réduites. Cela coûtera plus de deux millions de sièges par an au marché belge, faisant chuter le nombre total de passagers de la compagnie en Belgique à 9,3 millions.
« Nous avions averti le Premier ministre De Wever que la hausse des taxes entraînerait une baisse du trafic aérien, mais il a refusé d’écouter », déclare un porte-parole de Ryanair. Selon le PDG Michael O’Leary, cette réduction menace 150 à 200 des 600 emplois belges, bien que les employés concernés puissent être transférés vers des bases à l’étranger.
L’élément déclencheur de cette mesure est la révision de la taxe sur les billets d’avion en Belgique. À l’origine, le gouvernement De Wever souhaitait porter cette taxe de 5 à 10 euros à partir de janvier 2027 pour les vols de plus de 500 kilomètres. La semaine dernière, le cabinet restreint a ajusté cette hausse à 7 euros par passager. Ryanair souligne toutefois que cette taxe s’élevait encore à 2 euros au début de l’année dernière, ce qui représente une augmentation de 250 % en deux ans.
Outre le montant de la taxe, la compagnie déplore l’imprécision et le caractère tardif de cet ajustement. Selon le transporteur à bas prix, les programmes de vol pour la saison d’hiver 2026 et l’été 2027 sont déjà arrêtés, ce qui rend ce changement de politique sans effet sur sa planification.
La capacité libérée sera transférée vers des destinations européennes bénéficiant d’un climat fiscal plus favorable. Ryanair rappelle que des pays comme la Suède, Hongrie, la Slovaquie et certaines régions italiennes suppriment au contraire leurs taxes pour stimuler le tourisme et l’emploi. « Il est absurde d’augmenter les taxes alors que d’autres pays européens réduisent la pression fiscale sur le secteur aérien », affirme O’Leary.
Selon O’Leary, un retrait total de Charleroi n’est pas encore à l’ordre du jour. Cependant, la flotte pourrait à terme être réduite à une dizaine d’appareils si la pression fiscale persiste en Belgique.

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