
Après la matinée du vendredi consacrée à la Gen Z et à la cybersécurité, le Belgian Travel Congress a élargi l’éventail des sujets après le déjeuner. Les sessions ont abordé des thèmes allant du sport de haut niveau extrême à la défense des intérêts, en passant par l’intelligence artificielle, tout en restant articulées autour du même axe : le leadership comme levier de pérennité.
La deuxième partie a démarré avec le témoignage du navigateur professionnel Denis Van Weynbergh, qui a raconté son parcours vers le Vendée Globe. Cette course à la voile en solitaire, un tour du monde sans escale et sans assistance, a servi de métaphore pour les projets de longue haleine menés sous pression. « Il est extrêmement difficile de prendre le départ, mais encore plus difficile de franchir la ligne d’arrivée », a-t-il déclaré.

Son récit portait moins sur le sport que sur l’organisation. Avec une équipe de bénévoles et des moyens limités, il a travaillé pendant sept ans pour obtenir sa qualification. Dans ce contexte exigeant, des valeurs comme la confiance, l’humilité et le savoir-faire sont des conditions minimales, a-t-il expliqué.
Discussion en panel
Dans la foulée, les organisations patronales flamande et wallonne, Unizo et l’UCM, ont apporté une perspective plus institutionnelle. Les deux organisations se positionnent comme un lien entre les entrepreneurs et les pouvoirs publics, avec un double rôle de prestataire de services et de défense des intérêts, y compris pour le secteur du voyage.
Elles ont souligné l’importance d’un apport structurel de la part de secteurs comme le tourisme, car sans signaux concrets venant du terrain, le travail de lobbying perd en efficacité. En même temps, plusieurs dossiers d’actualité ont été évoqués, des flexi-jobs et des mesures relatives au marché du travail à la simplification administrative et aux obligations européennes de reporting.
La crise au Moyen-Orient a également été évoquée comme un facteur externe qui touche à nouveau le secteur et pourrait l’affecter encore davantage, selon la durée et l’intensité du conflit.
« Tout le monde est un leader »
C’est Pieter Weymans qui a clôturé cette partie avec une session consacrée à l’intelligence artificielle, dans laquelle il a surtout mis en avant le rôle des leaders. Selon lui, l’IA est encore trop souvent utilisée de manière ad hoc, sans stratégie claire. « C’est votre rôle, en tant que leader, de comprendre comment l’IA peut tirer le meilleur de toute votre équipe », a affirmé Weymans.
Il a ainsi immédiatement pointé un premier piège : faire porter la responsabilité au département IT ou à des collaborateurs individuels. Son avertissement était aussi concret que simple : « Il ne faut pas utiliser l’IA simplement pour faire plus vite les mauvaises choses. » Il faut au contraire y réfléchir en profondeur.

Au cours de cette deuxième partie, le fil rouge s’est précisé : qu’il s’agisse d’un projet de voile, de gouvernance ou de technologie, le succès dépend avant tout de leaders qui font des choix pour mettre en place une certaine structure et en suivent rigoureusement le fonctionnement qui en découle, sans perdre de vue l’autocritique.
