
De hier jusqu’à dimanche se tient la cinquième édition du Ponant Seminar@Sea. L’événement est désormais devenu un rendez‑vous bien établi : quelques jours ensemble à bord, en présence d’une grande partie de l’équipe Ponant, de partenaires et d’agents de voyages venus de France, de Belgique et de Suisse. L’occasion de faire le point, mais surtout de se projeter vers l’avenir. De discuter stratégie, de tracer des lignes directrices et de prendre le pouls du marché. Cette année, le séminaire se déroule à bord du Lapérouse, lors d’une navigation de Rotterdam à Bergen. Et nous y sommes également en direct !
Le message central : la continuité. Domenget a tenu à rappeler que Ponant reste avant tout fidèle à son ADN. L’exploration, bien plus que la croisière au sens classique du terme. « Ponant, c’est l’exploration, et d’une certaine manière rien d’autre », a‑t‑il affirmé. Cette notion d’exploration doit se ressentir partout, à chaque étape du parcours client. Pas uniquement dans les destinations les plus reculées, mais aussi dans la manière de raconter l’histoire, d’accueillir les hôtes et de construire l’expérience. Ponant entend continuer à se distinguer dans un marché où les clients ne se comparent plus seulement à d’autres compagnies maritimes, mais aussi à des hôtels de luxe et à des resorts haut de gamme partout dans le monde.
Selon Domenget, ce positionnement ne nécessite pas un discours marketing complexe, mais de la simplicité. « Big and simple », comme il l’a formulé lui‑même. La marque doit être si claire qu’un enfant puisse la comprendre. Ce n’est qu’ensuite que vient la sophistication. Un message notable dans un secteur qui confond parfois complexité et profondeur.
À côté de la continuité, Domenget a également insisté sur l’amélioration. Non pas à travers de grandes révolutions, mais via un mouvement ascendant permanent. La qualité n’est pas un état final, mais un processus. De nouveaux acteurs arrivent sur le marché, notamment issus de l’hôtellerie, avec d’autres codes d’hospitalité. Il ne perçoit pas cela comme une menace, mais comme une stimulation. Une incitation permanente à élever le niveau du produit et de l’expérience.
Dans ce contexte, l’hospitalité joue un rôle central. Domenget a rappelé que Ponant ne sert pas des « croisiéristes », mais crée des expériences. L’expertise maritime est essentielle, mais elle n’est qu’un élément parmi d’autres. Les rituels, l’accueil, le ton et le narratif sont tout aussi déterminants. « Pour Ponant, il n’existe qu’un seul mouvement possible : vers le haut. La stagnation est interdite. » Des propos qui laissent peu de place à l’autosatisfaction, qu’il a clairement en horreur.
Un autre point sur lequel il s’est montré particulièrement explicite est la cohérence, notamment en matière d’excursions, d’expéditions et d’exploration. Non pas parce que le niveau actuel serait insuffisant, mais parce que la différence entre très bon et excellent réside souvent dans la régularité et la prévisibilité. Ce qui est proposé sur un navire doit refléter la même qualité sur un autre. Pour Domenget, la cohérence constitue la garantie ultime de la qualité, davantage encore que n’importe quelle innovation spectaculaire.
Sur le plan commercial, Domenget ne s’est pas montré en retrait. Il a évoqué la nécessité d’élargir la base de clientèle, sans se limiter à un simple rajeunissement. L’attention se porte sur les quadragénaires et quinquagénaires d’aujourd’hui : un public disposant de pouvoir d’achat, de curiosité et d’une volonté croissante d’investir dans le temps libre et la découverte. Une cible qui, selon lui, correspond particulièrement bien à l’offre de Ponant, surtout sur les marchés francophones où l’image de marque reste parfois trop associée à la croisière classique. Ponant souhaite s’y positionner plus clairement comme un véritable curator d’expériences exceptionnelles.
En interne, Domenget a mis l’accent sur l’agilité et l’autonomie. Ponant se situe, selon ses propres termes, dans un entre‑deux délicat : trop grand pour être petit, trop petit pour être grand. Dans ce contexte, il est essentiel que les décisions soient prises au bon niveau, sans délais inutiles. L’autonomie doit aller de pair avec la responsabilité. La vitesse n’est pas une fin en soi, mais un moyen d’apprendre plus vite, de s’ajuster plus rapidement et d’obtenir des résultats plus efficacement.
Concernant la croissance, Aqua Expeditions a également été pleinement intégré au discours. La marque, qui fait partie du groupe depuis un an, est considérée comme fortement complémentaire à Ponant. Les premiers résultats le confirment : des clients historiques de Ponant se tournent naturellement vers Aqua, notamment sur le Mékong et en Amazonie. Les charters francophones rencontrent un succès notable, malgré une intégration encore partielle dans les outils de Ponant. Un succès qui souligne, selon la direction, la force de cette complémentarité au sein du groupe.
Parallèlement, la flotte historique de Ponant continue elle aussi d’évoluer. Aucune annonce concrète n’a été faite, ce qui est logique à ce stade, mais l’ambition d’expansion a été clairement réaffirmée. La flotte doit continuer à grandir en cohérence avec le positionnement stratégique de la marque.
Domenget n’a pas non plus évité les sujets sensibles. Ponant traverse actuellement une lourde réorganisation de ses systèmes IT et de son automatisation. Il ne s’est pas dérobé. La migration en cours des systèmes centraux est lourde, complexe et loin d’être parfaite. « Ce qui est difficile pour vous l’est encore davantage pour nous », a‑t‑il reconnu avec franchise. La lumière au bout du tunnel est visible, mais personne ne prétend que tous les problèmes seront rapidement résolus.
Pour les marchés francophones – France, Belgique et Suisse – Domenget a confirmé leur importance stratégique. Il s’agit d’un marché historique, mais aussi d’un marché à fort potentiel de croissance, à condition de toucher plus largement les bonnes cibles. La stratégie repose sur une combinaison de taux de remplissage plus élevés et de valeur accrue, soutenue par des produits solides et un storytelling clair.
Un signal fort à destination des professionnels du voyage a été la confirmation de l’équilibre entre B2C et B2B. Ponant croit fermement à la complémentarité. Aucun dogme, aucune focalisation exclusive sur un seul canal. Au contraire : l’ambition pour 2026 prévoit une croissance de 6 % du B2B, en complément du canal direct. Un signe clair de confiance dans le rôle du professionnel du voyage.
Enfin, Domenget a évoqué les ouvertures de ventes. L’objectif est d’ouvrir plus tôt et plus loin dans le temps, jusqu’à 30 mois à l’avance. Davantage de visibilité, plus de temps pour vendre et plus de marge pour inciter les clients à réserver tôt. L’importante extension de l’offre prévue en 2026 doit permettre d’y parvenir.
Son mot de conclusion renvoyait aux origines mêmes de Ponant : aller là où les autres ne vont pas. Non pas comme un slogan, mais comme une boussole. À l’occasion de ce cinquième Seminar@Sea, il est apparu clairement que, malgré la prudence affichée par le nouveau CEO, les grandes lignes sont désormais bien tracées.

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