
À la demande du ministère espagnol de la Consommation, Airbnb a supprimé près de 66.000 annonces illégales de son site.
Le ministère a, entre-temps, identifié plus de 55.000 autres annonces qu’il considère également comme illégales. Au total, cela représente plus de 110.000 annonces. Airbnb a la possibilité de corriger les annonces signalées avant que le ministère ne soumette une demande formelle de suppression. C’est ce que rapportent mercredi la NOS et CNN.
La plateforme de location de logements a contesté en vain ces demandes de suppression devant la justice. En Espagne, un numéro d’enregistrement est obligatoire pour toute chambre ou appartement loué pour une courte durée. Le ministère exige également qu’il soit clairement indiqué qui est le loueur : un particulier ou une entreprise. Les annonces supprimées sur le site d’Airbnb ne répondaient pas à ces critères. Les autres 55.000 annonces ne sont pas non plus enregistrées.
En mai de cette année, le ministère espagnol des Droits des consommateurs avait déjà ordonné la suppression de près de 66.000 annonces Airbnb liées à la location de vacances. Selon le ministère, trois demandes officielles avaient déjà été envoyées les mois précédents au siège européen d’Airbnb en Irlande, priant instamment de retirer les annonces considérées comme illégales.
Les autorités espagnoles tentent depuis un certain temps déjà d’endiguer la croissance du nombre de logements touristiques. La raison : le marché immobilier espagnol est soumis à une énorme pression.
Dans les grandes villes et les destinations touristiques, la demande de logements dépasse largement l’offre disponible. Conséquence : les loyers explosent, en particulier dans des régions très prisées comme Barcelone, Madrid, Malaga et les Baléares.
Cette tension sur le marché provoque régulièrement des protestations. Début avril, des manifestations ont eu lieu dans tout le pays pour réclamer un logement abordable. On estime actuellement à plus de 400.000 le nombre de logements proposés sur Airbnb en Espagne.
Le directeur de TUI, Thomas Ellerbeck, a déclaré plus tôt ce mois-ci, lors d’une rencontre à Majorque avec la présidente des Baléares, Marga Prohens, qu’il comprenait bien le mécontentement de nombreux habitants, car les personnes concernées ne peuvent pas se permettre d’acheter un logement. Il a ajouté que cette situation n’était pas due au tourisme, mais à la location touristique privée. (Photo Unsplash/Polina Cherkasova).