
Venise a achevé la deuxième phase test de son règlement d’accès controversé. On ne sait pas encore si la célèbre ville touristique réintroduira ce système en 2026.
Cette année, les touristes d’un jour souhaitant visiter le centre historique de Venise devaient à nouveau acheter un billet d’entrée. Le prix variait jusqu’à dix euros par personne, selon le moment de la réservation. Les réservations anticipées coûtaient cinq euros ; les visiteurs de dernière minute payaient le double.
La deuxième période test a été appliquée pendant 54 jours, répartis sur les week-ends et jours fériés des mois d’avril, mai, juin et juillet, chaque fois entre 8h30 et 16h00.
Au total, la ville a enregistré plus de 720.000 visiteurs payants, générant environ 5,4 millions d’euros de recettes. C’est presque le double de la première phase test en 2024, lorsque le système avait été expérimenté pendant 29 jours et avait rapporté 2,4 millions d’euros avec 485.000 visiteurs, selon des médias allemands citant la dpa.
Le contrôle a également été renforcé : environ 2.500 amendes ont été infligées à des visiteurs sans billet valide. Les exemptions sont restées en vigueur pour les habitants, les enfants et les clients d’hôtels (qui paient déjà une taxe de séjour).
Selon l’adjoint aux finances de Venise, le système a de nouveau bien fonctionné. L’échevin souligne que les recettes ne sont pas l’objectif du dispositif. « Il ne s’agit pas d’argent, mais de maîtriser le tourisme de masse. »
L’effet financier reste toutefois indéniable. Les recettes, après déduction des frais d’exploitation, doivent bénéficier directement à la ville et à ses habitants. Par exemple, elles pourraient servir à maintenir les coûts de gestion des déchets à un niveau stable.
On ne sait toujours pas si Venise réintroduira le système d’accès en 2026. Les partisans y voient un geste symbolique fort : Venise est fragile et doit être protégée. Les détracteurs, quant à eux, continuent de pointer du doigt les nombreuses exceptions et l’absence d’un plafond strict de visiteurs.
De plus, la question se pose de savoir si un droit d’entrée suffit réellement à endiguer le tourisme de masse. Un café sur la place Saint-Marc coûte presque autant que le billet journalier. Moins de 50.000 personnes vivent aujourd’hui dans le centre historique de Venise, tandis que des millions de touristes y affluent chaque année. (Photo Unsplash)